A l'armée, il manque 10 % des effectifs

Door Karolien Grosemans op 7 december 2015, over deze onderwerpen: Defensie

Oui, l'armée manque d'effectifs. Pour s'en convaincre, il suffit de lire les chiffres donnés par le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), en réponse à une question parlementaire de Karolien Grosemans (N-VA). En date du 10 octobre 2015, indique-t-il, 89,38  % des fonctions à l'armée étaient occupées par un membre du personnel. Au 1er janvier, on en était encore à 90,28  %. Comprenez qu'il manque plus de 10  % des effectifs pour que la Défense soit pleinement opérationnelle.

La composante médicale est celle qui est la plus touchée, avec seulement 83,23  % des cadres remplis au 10 octobre. Elle est suivie par la composante Terre (85,68  %), la Marine (87,04  %) et la composante Air (93,02  %). L'état-major et les directions générales jouissent aussi d'un taux de remplissage supérieur à 90  %.

La Défense a connu un sévère dégraissage ces quinze dernières années. A la toute fin des années 90, elle comptait encore 47 500 membres du personnel (42 500 militaires, 5 000 civils). Pour tomber à 32 000 cette année-ci (30 000 militaires, 2 000 civils)… Soit environ mille effectifs de moins par an.

Les causes sont multiples. D'abord, la pyramide des âges. Chaque année, il y a un grand nombre de départs à la retraite – et le pic des départs est attendu pour 2018-2024. Ensuite, la Défense éprouve des difficultés à recruter des jeunes. Des aménagements dans les statuts ont été effectués sous le précédent gouvernement, notamment en créant une carrière à durée limitée, mais il est encore trop tôt pour en juger les effets. Enfin, les économies imposées au département n'aident pas. En 2015, la Défense n'a été autorisée à engager que 700 personnes (contre 1400 en 2014, par exemple). Idem en 2016.

27 000 maximum en 2030

"Etant donné qu'il y a actuellement plus de membres du personnel qui partent que de personnes qui arrivent, il y a beaucoup de fonctions pour lesquelles un problème se pose" , précise M. Vandeput. On sait que les fonctions techniques sont les plus touchées (médecins, informaticiens, techniciens de pointe…), ainsi que l'armée de Terre dans son ensemble. Les conséquences sont visibles. De source militaire, on indique que le nombre de 1 200 soldats déployés en ce moment dans les rues en raison de la menace terroriste ne sera tenable que jusqu'à la mi-janvier (en raison des repos, des entraînements et des autres opérations).

Les effectifs continueront à baisser dans les années à venir. C'est une certitude. Le ministre met la dernière main au plan stratégique qui dessinera le visage de la Défense à l'horizon 2030. Dans sa version maximaliste, le plan prévoit une armée de 27 000 hommes. Forcément, les ambitions opérationnelles seront, elles aussi, revues à la baisse.

A. C., la Libre Belgique © 2015 IPM

Hoe waardevol vond je dit artikel?

Geef hier je persoonlijke score in
De gemiddelde score is